Démarche

« Nous faisons des œuvres qui parlent de l’Afrique parce que nous venons de là, nous y vivons, mais nous nous adressons à tous. Nos œuvres ne se limitent pas au continent dont nous sommes issus. Elles peuvent aussi témoigner d’autres réalités. Nous sommes concernés par les choses du monde. Le malheur du monde est aussi le nôtre. Notre inspiration peut venir de partout. Lors de mon dernier passage en France, j’avais ramassé du matériel et notamment des munitions que j’ai rapportées à Kinshasa. Elles m’ont servi à réaliser une œuvre qui parle de la guerre civile en République démocratique du Congo mais aussi de toutes les guerres. Tous les débats concernant la pseudo africanité de nos œuvres sont dépassés. Qu’on le veuille ou non le train est en marche. »

Ainsi s’exprime Freddy Tsimba qui témoigne par ces balles et ces douilles soudées ensemble de la violence humaine. Mais au-delà du visible, il travaille aussi l’invisible : ces sculptures sont des spectres, tombes métalliques où l’objet qui donne la mort est matière et se substitue au mort lui-même. De l’humain tellement guerrier que ses os sont en cartouche et sa moelle en poudre .

Les sculptures de Tsimba sont silencieuses comme des bouches fermées pleine de fracas achevés. Elles sont broderies de violence et de vide.

Il témoigne : « J’ai avant tout exprimé ce qu’a éveillé en moi le thème de « L’art et la paix » dans le contexte de guerre civile que traverse mon pays. Mon intention n’était pas de faire quelque chose de subversif, mais d’exprimer ce que je ressentais face à un état de fait. C’est la rue qui m’a donné les clés de cette œuvre, je n’ai fait que ramasser ce qui s’y trouvait.  »

Tsimba a trouvé une langue universelle, son œuvre n’a ni pays ni continent. Elle est celle des hommes.